
Un site complet est dédié à cette série :
www.nef-des-fous.org (voir liens)
Il a été pensé et réalisé par Marie de Quatrebarbes : marie.dqb[a]gmail.com

...Une espèce d’impeccabilité maniaque a récemment conduit Philippe Guesdon un peu plus loin qu’à son habitude. Il s’est entiché de « radiographier » les gravures de Dürer qui accompagnent La Nef des fous de Sébastien Brant (fin 15° siècle). Bien que l’on puisse considérer l’artiste comme un grand connaisseur de Dürer, ce n’est probablement pas uniquement sa familiarité avec l’œuvre du Maître qui l’a conduit à ce choix. Du reste, on ne peut apprécier pleinement l’intérêt de la démarche sans voir d’abord en quoi celle-ci se trouve directement reliée aux tentatives qui tout au long de l’histoire de l’art, se sont attachées à montrer en quoi forme, sens, et sensation formaient un tout en même temps qu’un seuil. L’historique de l’œuvre avec ses périodes, permet de distinguer d’indiscutables similitudes chez par exemple le Monet de la Cathédrale de Rouen et les premières mises à plat de l’espace par Cézanne. Nous sommes dans le tuf constitutif, au croisement où l’on surprend l’image de la métaphore en train de se recomposer. Car avant la métaphore, il y a la matière. Et il n’est pas impossible que cette matière soit justement le palimpseste de l’énigme. Le travail de la grande main, il faut alors l’imaginer, voir comment par ses immersions dans les traces, elle dépouille peu à peu le silence, comment elle œuvre à son contact par mimétisme, et comment peu à peu la règle qui se forme devient emblème...
Extrait du texte La Nef des fous de Claude Margat, 2008
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